Bernadette Bourvon, Photographies de Bernard Galéron, "PASCAL JAOUEN"
(Editions Palantines, 2011)
On ne présente plus le Maître Pascal Jaouen. Brodeur quimpérois qui a voulu conserver dans sa mémoire le costume de son grand-père et apprendre, apprendre pour ne pas perdre cet héritage culturel et traditionnel-là. Vingt ans plus tard, et trois collections passées, voici un livre magnifique, dont les photographies, au plus près de l'humain, de la broderie, de la couleur, de la matière, sont extraordinaires, de luminosité, de sensibilité, de gaieté aussi. Vous parcourez le livre et vous entrez dans l'univers jamais guindé de Pascal Jaouen, de la Haute Couture, de la création styliste alliant l'histoire aux derniers feux de la mode. La générosité du Maître est perceptible, son audace, son culot aussi. C'est un livre qui fait résolument rêver, une petite pause dans un quotidien affairé. Offrez-le, faites-le-vous offrir! Bonheur assuré! |
Hélène Gestern, "Eux sur la photo"
(Arléa, Paris, 2011)
Ce roman est un premier roman. L'écriture est parfaitement maîtrisée. L'histoire est construite de manière très classique: une jeune femme recherche les origines de sa mère, disparue lorsqu'elle n'était encore qu'une toute petite fille, de qui on a caché l'histoire, la vie, la raison de son décès... La jeune femme passe une annonce dans un journal et reçoit une réponse. Un homme, quelque part, a reconnu son père sur la photo. Une correspondance par courrier, par mail, par carte postale, va commencer. Chacun, avec son histoire différente, va cheminer, aller du silence du secret de famille à la vérité crue, tout aussi difficile à supporter. L'histoire avance bien, on est pris dans le mélo, dans l'histoire d'amour naissante. Et les rebondissements, nombreux, parfaitement amenés, gâtent le lecteur. Vite, un autre roman! Le premier et sûrement pas le dernier! |
Brigitte Fontaine, Mot pour Mot
(Les Belles Lettres Archimbaud Editeur, 2011)
"L'auteur interdit formellement, en vertu des pouvoirs qui ne lui sont pas conférés, "l'étude" de ses textes dans les écoles, collèges, lycées ou universités".
Brigitte Fontaine publie chez Archimbaud Belles Lettres l'intégrale de ses chansons. Le grain du papier, la mise en page, la délicate attention envers le lecteur, tout y est. Les textes, certains connus, d'autres pas du tout, se donnent à lire, pur moment de poésie. Le verbe est haut, bien tourné, ce qu'il faut de folie, de poivre, de piment, ce qu'il faut de désenchantement, de grivoiserie... Offrez-vous ce livre, partez vous promener du côté de Morlaix, tout près de chez Brigitte Fontaine... |
Danielle Robert-Guédon, "Les vivants, les morts et les marins"
(Editions Joca Seria, 2005)
On est loin du premier chapitre du roman Le grand abattoir, qui débute par une toilette mortuaire réalisée par une infirmière dévouée et qui explique ensuite comment, chez elle, elle vient à bout des traces que laissent les cadavres sur sa blouse blanche... Ici, Danielle Robert-Guédon, dans une écriture toujours aussi fine, ciselée, allant à l'essentiel sans fioritures, non dénuée d'âme pour autant, nous emmène dans son univers de femme qui aime, a aimé, aimera encore... Lisbonne, Nantes, Prague où seront jetées les cendres de son dernier amoureux, Paris, Rio, on voyage en suivant la plume de l'auteur, et on entre tantôt dans les lits tantôt dans les suaires de ses amours, ses amis, ses regrets... C'est parfois dur de continuer à vivre quand l'autre est parti. "Je consigne la fréquence de mes pleurs qui va s'amenuisant au fur et à mesure que je ressens l'envie de me remettre à une table de jeu quand d'autres l'ont quittée après avoir perdu tout ce qu'on peut miser: la vie. Ils ne pourront plus se refaire, je veux continuer de jouer à leur place, pour eux et, peut-être bien, avec eux. Autant dire qu'il est hors de question d'oublier, il me suffit d'attendre l'inattendu." C'est pas beau, ça? J'adore cette écriture, j'avais en 2003 rendu hommage à son roman Je reçois en faisant écrire les participants d'un atelier d 'écriture. A la rentrée, j'aimerais bien organiser une rencontre entre elle et les participants de l'atelier, autour de ce livre Les vivants, les morts et les marins. Parce que l'écriture est belle, parce que j'aimerais savoir si un nouveau livre va paraître! |
Ar Furlukin, "J'aime les gens..."
(Auto-édition Ar Furlukin, 2010)
Petit Manuel à l'usage des galopins.
Ar Furlukin (le fou du roi en breton), est un artiste inclassable, auto-proclamé "spécialiste mondial du radis" et effectivement inégalé . Peintre la nuit, il est chef de rang d'une brasserie gastronomique de Rennes le jour et le soir, on le reconnaît aux radis qu'il arbore sur sa cravate. Le livre est le portrait d'un chef de rang, de son métier, et à travers lui du cirque qu'est un grand restaurant, avec ses entrées, ses sorties, ses numéros de charme, d'équilibriste, devant un public souvent conquis, parfois à conquérir... C'est aussi le portrait de l'auteur lui-même, en filigrane, apparaissent son humilité, sa modestie, son amour du travail bien fait, son artisanat teinté de dur labeur, sa profonde foi en l'humanité, son amour des gens, simples ou compliqués, des gens riches ou pauvres... "Tu deviendras un esthète, pratiquant avec plaisir ce grand, ce noble métier, utile et passionnant. Etre un vrai professionnel qui apporte chaque jour du bonheur..." Tous les ans, l'atelier d'écriture créative rend hommage à Ar Furlukin et invite à écrire sur le thème du RADIS. Le journal est envoyé au Maître et est toujours récompensé. Allez manger au Galopin et lisez ce livre! |
José Saramago, "L'aveuglement"
(Seuil, collection Points P722, 1997)
Traduit du portugais par Geneviève Leibrich
Quel roman ! Quelle force dramaturgique! Un homme devient aveugle. C'est le début d'une épidémie inexpliquée dans une grande ville. Le gouvernement met toutes ces victimes en quarantaine. Un médecin, devenu aveugle, est suivi de sa femme, qui elle, voit encore. Elle sera la seule, dans le secret, à garder la vue tout au long de cette histoire incroyable. "Il faut parfois perdre la vue pour redécouvrir la face cachée et essentielle des choses et des gens" commente Télérama en quatrième de couverture. C'est un texte parfait, fort, d'une grande intensité dramaturgique. Mais la fin est pleine d'espoir, ouf! L'humanité ne saurait donc être aussi noire et concupiscente... Lisez ce livre, c'est un très bon moment, passez comme moi à sa lecture de l'angoisse au soulagement, découvrez un univers inconnu, celui du monde sans lumière... |
Curt Leviant, "L'énigme du fils de Kafka"
(Anatolia éditions, 200ç)
Traduit de l'anglais par Béatrice Vierne.
Ca commence par une drôle de ressemblance qu'entretient l'auteur avec K. (Franz Kafka pour les non initiés). De rencontre en rencontre, de délire en délire, il n'y a qu'un pas que de tenter de se faire passer pour le fils de K, ou de partir enquêter à Prague même. Ou... en fait, l'auteur hésite, alors le roman commence par... sept commencements. tous différents! Et puis ensuite... Etc. Voilà un roman pas construit, pas écrit comme d'habitude. Le grammage du papier est très agréable, la plume est légère et très drôle. Un excellent moment à passer! Je ne peux vous raconter l'intrigue, il faut lire le livre pour la découvrir. Lisez-le et vous m'en direz des nouvelles! |
Driss El Kesri, "Toi et moi, on s'appelle par nos prénoms"
(Fayard, 2011)
Voilà un joli petit OVNI littéraire, sus-nommé, "Le Papotin, livre atypique". A l'origine, c'est un journal écrit par des jeunes autistes de l'hôpital de jour psychiatrique d'Anthony. Parrainé depuis vingt ans par Marc Lavoine, le jeu favori de ces personnes atypiques, est d'interviewer des personnes célèbres, et de leur poser les questions qui les intéressent, eux. A la chanteuse Camille, par exemple, on demande: "Est-ce que vous travaillez à la Poste?" C'est décalé, drôle, touchant, surréaliste. Les ateliers d'écriture créative que j'anime rêveraient d'avoir un parrain également et d'éditer les textes des participants chez Fayard. A offrir pour ouvrir les écoutilles de votre entourage, qui ne sait pas forcément qu'il y a des gens qui sont différents, qui pensent différemment et qui, sous couvert de maladie (!) s'autorisent à le faire! |
Erri de Luca, "Le poids du Papillon"
(Gallimard, 2011)
Traduit de l'italien par Danièle Valin.
Depuis Trois chevaux, je suis Erri de Luca comme une abeille le pot de miel... Parce que sa poésie humaniste chantante, touche le coeur, parce que l'auteur sait conter les histoires. Ici, un chasseur et sa proie, le chamois des montagnes. Mais c'est aussi de montagne dont il est question, et de vie, et de mort, et de solitude, et de désir... D'une grande poésie, d'une plume à la fois tendre et alerte, les mots d'Erri de Luca font aussi preuve d'une grande sensualité. A découvrir, à redécouvrir! |
Christian Bobin, "Un assassin blanc comme neige"
(Nrf Gallimard 2011)
« Le nouveau-né a devant lui une forêt en feu qu’il lui faudra traverser pieds nus. » Pour y parvenir, mieux vaut « donner sa main à l’ange du présent ». L'assassin blanc comme neige est Dieu. Délicieusement préchi précha, de manière poétique, dans un livre qui n'a ni début ni fin, Christian Bobin raconte l'humain qui fait ce qu'il peut et qui, quoi qu'il fasse, connaîtra l'éternité. Merveilleux! L'écriture de Christian Bobin est nourricière, que l'on croit ou pas, la beauté de la nature qu'il dépeint est universelle, le livre ouvre certaines écoutilles, essayez, vous verrez bien l'effet que cela peut vous faire! Je les ai tous, je les relis, ça parle au coeur je vous dis, c'est du miel! "Un jour, nous comprendrons que la poésie n'était pas un genre littéraire mal vieilli mais une affaire vitale, la denrière chance de respirer dans le bloc du réel." (page 90) |
Yoshida Shuichi, "Park Life"
(Picquier Poche édition, 2010)
Traduit du japonais par Gérard Siary et Mieko Nakajima-Siary.
Ce petit livre, parfait pour une lecture estivale sur chaise longue ou plage, a reçu l'équivalent du prix Goncourt au Japon, le Prix Akutagawa. Un jeune employé japonais, un rien excentrique, passe son temps libre dans un parc de la ville de Tôkyô. Il a une relation aux plantes, aux arbres, au vent, à la nature, bien particulière. Il rencontre des personnages tout comme lui, décalés, hors norme, hors ville, au coeur de ce parc, et le récit est empreint d'une douce poésie déjantée. Superbe! A lire pour ne pas s'ennuyer une seconde... |
Annie Ernaux, "L'autre fille"
(NiL éditions 2011)
NiL éditions propose aux lecteurs une petite collection intitulée Les Affranchis. L'objet est de proposer à des auteurs connus d'écrire La lettre qu'ils n'ont jamais écrite. Annie Ernaux, auteure intimiste que j'aime lire depuis longtemps écrit une lettre à sa soeur aînée, décédée deux ans et demi avant la naissance de notre narratrice. Cette lettre, remontant le fil familial, la filiation, la trace de l'enfantr mort dans une famille, son silence... Très bien écrit (évidemment!), le texte va loin dans une certaine introspection: impossible d'aimer une soeur morte qu'on n'a pas connue, et pourtant, qui est sa soeur. voilà le noeud du texte. C'est un livre que j'utliserai lors de la série d'ateliers d'écriture sur la correspondance en février prochain! |
Iain Levison, "Arrêtez-moi là!"
(Editions Liana Levi, 2010)
Traduit de l'anglais (Etats Unis) par Fanchita gonzalez Batlle
Comment du jour au lendemain, plonger dans le cahos le plus absolu? Le narrateur, brave chauffeur de taxi, prend une femme en course à l'aéroport et la ramène chez elle. Pendant qu'elle va chercher la monnaie à l'étage, il admire les fenêtres en alu, du beau boulot et il s'y connaît, il a été poseur de fenêtres avant. Sur le chemin du retour, il prend au black deux étudiantes saoules qui faisaient du stop et les ramène à la cité universitaire, l'une d'entre elle aura le temps de vomir sur le sky. Il sera bon pour un nettoyage au jet avant le retour au dépôt... Le lendemain, il est arrêté, menotté, filmé... On a retrouvé ses empreintes sur la fenêtre de la maison où une petite fille a disparu. Le fait que le taxi ait été nettoyé est plus que suspect... Et la machine judiciaire kafkaïenne américaine avance: pas d'argent, pas d'avocat, il est condamné avant de se défendre, et croupit déja dans le couloir de la mort...! Comment va-t-il s'en sortir? Devra-t-il plaider coupable pour un crime qu'il n'a pas commis pour s'en tirer avec quelques années de prison? Et ses collègues, ses amis, sauront-ils le soutenir? On est bien seul, en Amérique, quand on est pauvre et sans défense... A lire absolument, parce que c'est drôle et pathétique à la fois! Un bon moment, qui fait froid dans le dos...! Parfait pour l'été. |
Thierry Beinstingel, "Retour aux mots sauvages"
(Fayard 2010)
Le monde de l'entreprise, vous savez, celle des performances, des politiques de management inhumaines, des suicides de pauvres employés au bout du stress, de la pression... Thierry Beinstingel plonge le lecteur dans ce "drôle" de milieu. Son héros, menacé d'être délocalisé, accepte un poste de téléopérateur, seul moyen de consever son travail car il n'a plus l'âge pour retourner sur le marché de l'emploi. Il veut bien jouer le jeu, tout accepter, changer de nom, les cadences et les résultats à atteindre, une certaine mentalité ambiante où la solidarité, l'amitié entre collègues est feinte et méfiante. Le suicide d'un des leurs, ne va pas même ébranler la machine infernale, il faut rester pour gagner sa vie, coûte que coûte. Mais le héros de cette tragédie grecque, retrouve une certaine humanité lorsqu'un des clients du téléphone devient réalité et qu'il est sur quatre roues d'un fauteuil roulant... Très bon roman, qui ouvre les yeux, pas trop glauque donc supportable à la lecture, malgré le sujet insupportable qu'il développe... Roman social à lire. |
Cathie BARREAU, "Trois Jardins"
(Laurence TEPER Editions- 2006)
Le chagrin d'amour de la narratrice, le choix d'aimer un homme qui finalement fut à ses yeux une erreur, presque une honte, est peu à peu guéri dans les trois jardins dont elle se nourrit, dans tous les sens du terme. Il y a celui de la ville, le parc et ses essences précieuses et surranées. Il y a le jardin de bord de mer, le petit portail qui grince et indique à l'avance les visiteurs importuns. La maison familiale, la mère morte, les souvenirs d'enfance, la soeur... Le potager, nourricier, le rapport à la terre, à la putréfaction, à la croissance des plantes... C'est une langue empreinte de poésie, qui parle au coeur pour qui sait entendre la petite musique délicieusement écrite de Cathie Barreau. Un livre dont j'ai réalisé une lecture enregistrée sur CDrom pour une amie qui ne lit pas mais sait écouter. Un livre que je prête et qu'on ne me rend jamais: cela fait quatre fois que je le rachète. Un bon signe, non? |
Dany LAFERRIERE, "L'énigme du retour"
(Grasset, 2009) .
Dany Laferrière, installé depuis des années au Québec, reçoit un coup de fil lui annonçant que son père est mort. Haïti sort du tremblement de terre. L'auteur repart au pays, dire adieu à ce père et c'est chez lui mais ce n'est plus chez lui. Sa mère, sa soeur, son neveu qu'il prend sous le bras le temps de son séjour, ont vécu sans lui, la vie a continué sans lui, impossible de rattraper ce temps passé, de retrouver les liens de l'enfance... Le phrasé tout en douceur et en poésie de Dany Laferrière permet une lecture en apesanteur, belle, intime, drôle parfois, nostalgique, très touchante. C'est un livre sur le voyage, sur la force du "non", sur l'art du romancier... Une petit extrait (page 130): "La mort, cet archer aveugle. Actif à minuit comme à midi. Trop de gens dans cette ville pour qu'il puisse, au moins une fois, rater sa cible." Je le relis, par bribes, régulièrement, tant la poésie qui s'en dégage est ressourçante. Un petit bonbon à déguster...
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Eric HOLDER, "Bella Ciao"
(Seuil-Collection Points - 2009)
Lire Eric Holder procure les mêmes sensations que lire Philippe Djian ou Eric Pessan : on retrouve un vieil ami, le narrateur si touchant, si attachant, une ambiance, un langage, des personnages qui ne nous décevront jamais... Dans Bella Ciao, le narrateur est au bord du goulot, au bout du roulot et se suicide en se noyant. Mais il se rate. Nu comme un vers, avec pour seul bagage une vieille bicyclette, il repart à zéro et devient ouvrier agricole. Les mains blessées par les durs travaux, la tête bouillonnant, il va peu à peu se retrouver, et reprendre l'histoire d'amour de sa vie, sa femme, en effacant l'usure du temps et en revenant à l'essentiel, l'amour de l'être, de son âme, et l'éternité que cela procure... Le narrateur reprendra la plume, à peu près guéri. L'histoire se termine bien comme un conte de fée trash et rock, j'adooore! |
Elena PONIATOWSKA, "Cher Diego, Quiela t'embrasse"
(Actes Sud - Babel 2010)
Roman traduit de l 'espagnol (Mexique) par Rauda Jamis.
Ah! Que c'est beau dans la littérature, les histoires d'amour qui finissent mal! Ce couple de peintres, ces non-dits, ces drames intimes et le départ de l'autre... Un extrait, page 14: "Je t'aime Diego, à l'instant je sens une douleur presque insupportable dans la poitrine. Dans la rue il m'est arrivé la même chose, le souvenir de toi me frappe et je ne peux plus marcher..." Elle est russe, sentimentale, a perdu l'enfant qu'elle portait de lui, elle l'aime et souffre de son absence. Alors elle lui écrit, sans jamais avoir de retour à ses lettres... Son deuil, sa renaissance à la vie, sont touchantes. J'ai bien aimé être bercée de ces mots-là, d'une très belle intensité dramatique. Je garde ce roman sous le coude, pour les ateliers d'écriture sur le thème de la correspondance, cela pourra sûrement servir!
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Kiki DIMOULA, "Le peu de monde" suivi de "Je te salue Jamais"
(Nrf, Poésie/Gallimard 2010 )
Traduit du grec par Michel Volkovitch
Recueil de poésies sur le thème du temps qui passe, de l'usure, de la mort. Des images, des métaphores, un univers de poétesse... Le phrasé de Kiki Dimoula est particulier, les retours à la ligne, qui syncopent parfois la phrase, peuvent dérouter le lecteur. Le sens n'est pas toujours le plus important : les sons, les sensations, les atmosphères, sont un vrai voyage poétique... Une expérience de lecture un peu ardue mais très agréable... |
Collectif, "Histoire de Proches"
(Jacob-Duvernet décembre 2010)
C'est en 2009 que les associations France Alzeihmer, France Parkinson, La Ligue contre le Cancer, La Ligue Française contre la Sclérose en Plaques et le laboratoire Novartis, ont lancé un concours :Histoires de proches.
Présidé par Eric-Emmanuel Schmitt, le jury a retenu 3 lauréats parmis 310 textes reçus! Ce sont 35 d'entre eux qui sont finalement regroupés dans un recueil Histoires de proches, 35 récits. Le livre, coordonné par Annick Roche, de Novartis, est préfacé par Eric-Emmanuel Schmitt, le parrain du concours, et est joliment bâti en 7 chapitres (Mon mari, Ma femme, Mon père, Ma mère, Mon frère, ma soeur, Mon fils, ma fille, Mon grand-père, ma grand-mère).
Bonne lecture, bonne découverte. Et n'oubliez pas, l'acheter, l'offrir, c'est soutenir les associations d'aide aux malades! |
Laurent Gaudé, "Ouragan"
(Actes Sud, 2010)
Ce n'est pas parce qu'un auteur est primé (le Prix Goncourt pour Le Soleil de Scorta) qu'il est agréable à lire. Je n'ai pas fini son dernier livre (Et oui! On a le droit de ne pas finir un livre! Merci M. Pennac!). Mais voilà, Laurent Gaudé, est venu à Rennes, aux Champs Libres, et a raconté la genèse de son roman Ouragan, a expliqué ses personnages, a lu de sa voix d'auteur quelques extraits. Et là, la magie a opéré! Chaque personnage éprouve sa fidélité au travers de ce cataclysme que fut l'ouragan Katrina et qui balaya la Nouvelle Orléans. De retour à la maison, j'ai dévoré cet Ouragan, lu avec un autre regard. Et j'ai aimé! Pourquoi pas vous? |
David Foenkinos, "La Délicatesse"
(NRF Gallimard 2009)
Après Le potentiel érotique de ma femme, je suis une lectrice concquise de D.F. Quelle belle écriture, si flaubertienne! C'est un délice! Nathalie et François s'aiment, vivent ensemble, tout leur sourit. Et François meurt. Les étapes du deuil, la reconstruction de cette femme après le décès de l'être aimé est pudiquement, poétiquement, modernement racontée. Et notre héroïne Nathalie grandit, et son coeur est pur. Celui qui tombera amoureux de cette veuve sera-t-il à la hauteur de cette grandeur d'âme? C'est toute la magie de cet excellent roman. |
Jean-Louis Fournier, "Poète et Paysan"
(Editions Stock, 2010)
Après le prix Fémina en 2008 pour Où on va papa?, j'ai retrouvé avec plaisir la langue, la verve de Jean-Louis Fournier. Avec vraiment peu de choses: quelques mois chez une fiancée dont les parents ont une ferme et qu'il est sensé reprendre! Mais le pauvre garçon, rat des villes perdu au milieu des codes des rats des champs, et le travail à la ferme n'est pas ce qu'il croyait... Ce n'est pas le côté bucolique qui l'emporte sur une journée terriblement chargée et pénible. Erreur de jeunesse, racontée avec beaucoup d'humour et d'auto-dérision. Livre qui se lit en très peu de temps... |
Marie-Luise Scherer, "L'Accordéoniste"
(Actes Sud, 2010)
Récit traduit de l'allemand par Anne Weber
J'avais acheté ce livre sans le connaître et l'avais prêté avant même de le lire à ma meilleure amie qui est accordénoniste... Elle me l'a redonné en me disant "Lis-le!" J'ai envie de vous dire la même chose: le lire, c'est entrer dans l'univers des musiciens de la rue, qui vont, viennent, essaient de gagner leur vie, faite de rencontres, de plans plus ou moins bons, de fatigue, de faim parfois... Et sur un fond d'accordéon, le personnage principal est un vrai ARTISTE des pays de l'Est, avec sa culture, son art de vivre. L'écriture est poétique, crue sans jamais choquer. J'ai adoré! Merci Marie! |
Daniel Glattauer, "Quand souffle le vent du nord"
(Edition Bernard Grasset, 2010)
Traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret.
Un homme et une femme d'aujourd'hui, vous ou moi. Par une erreur de mail, ces deux-là se rencontrent, par internet, par messagerie interposée et se confrontent à la virtualité: aimer, découvrir, connaître, apprécier ou pas quelqu'un qu'on ne voit jamais, qu'on lit uniquement. Pas de son de voix, pas d'image. Il faut aller à la découverte de l'âge, du physique, en cueillant les indices textuels, et vivre sur des fantasmes un amour peut-être naissant. Ce livre facile à lire, un peu léger, m'a portée car c'est SO Romantic! |
Françoise Guérin, Claude Mesplède, "Quatre carnages et un enterrement, lire et écrire des nouvelles policières, comment faire?"
(D'Un noir Si Bleu, 2010)
Au départ c'est un livre "pédagogique" conçu pour inviter les élèves, ou les écrivants à découvrir l'écriture de la nouvelle policière. Il est d'un bon niveau et les élèves devront être de très bons élèves pour comprendre les consignes d'écriture proposées. C'est un peu difficile à mon avis.
MAIS c'est un livre qui se lit très agréablement car les nouvelles sont fraîches, évidemment bien bâties, on ne s'ennuie pas une seconde. Une belle découverte que je transmettrai lors de mes ateliers d'écriture! |
Vénus Khoury-Ghata, "La fille qui marchait dans le désert"
(Mercure de France 2010)
J'ai agréablement plongé dans une ambiance très coloniale, tropicale, spéciale. Le mythe de l'écrivain maudit, de sa femme gardienne de sa mémoire puisque l'écrivain est mort, et devant cohabiter avec son ancienne maîtresse handicapée. Grande demeure, mystères, histoire de désert, d'envoutement, érotisme... Arrive dans cette histoire une journaliste elle-même en recherche et ça commence... Tout est permis, on est dans un roman, les personnages et leurs exagérations, les pluies et les orages hors norme... Vénus Khoury-Ghata a écrit La Maestra (chez Acte Sud), livre qui m'a bouleversée, et depuis, je la lis sans réserve et sans objectivité! |
Valérie Zenatti, "Les âmes soeurs"
(Edition de l'Olivier, 2010)
Une femme, la trentaine, en a marre de son train-train quotidien: mari, enfants, travail, tout bien huilé et fatiguant de tant d'ennui. Elle décide de faire "la vie buissonnière" et emmène sous son bras un livre qu'elle veut lire et erre à sa manière dans la ville parisienne. Dans ce livre dans le livre, elle découvre le destin de cette femme photographe de guerre et nous plongeons avec elle. Le livre lu par l'héroïne et conté au lecteur est plus intéressant que l'histoire de cette jeune femme en "burn out", c'est le petit bémol de ce livre. |
Cathy's book, de Sean Stewart et Jordan Westman
(Bayard Jeunesse, 2008)
"Si vous trouvez ce carnet, merci d'appeler le 0 800 300 015", et vous vous plongez dans un roman-journal intime, écrit comme on cause, enfin comme cause une adolescente d'aujourd'hui: on avance au fur et à mesure de l'enquête et des déboires de cette Cathy. Ce qui est amusant et qui change des romans traditionnels, c'est que chaque numéro de téléphone indiqué dans le roman aboutit réellement à une boite vocale liée à l'histoire. (Et les appels sont gratuits!). Ce qui est passionnant, c'est la pochette remplie de documents, serviette de restaurant, carte, photo jaunie, pièce à conviction, indices... que le lecteur peut manipuler, et utiliser comme base de rêve. (Moi je les utiliserai prochainement pour mon atelier d'écriture!) Le fond de l'histoire est un peu fade, le côté thriller médical est pour le coup très "Bayard Jeunesse", cela ne fait pas frémir la "vieille" adulte que je suis... A découvrir pour son originalité. (Je crois qu'il y a une suite pour les inconditionnels...) |
Milena Agus, "Quand le Requin dort"
(Editions Liana Levi, 2010)
Traduit de l'italien par Françoise Brun
Je ne sais pas pour vous mais moi, j'avais adoré Mal de Pierre (2007), puis j'avais dévoré Mon voisin (2009), et lu avec autant de plaisir Battements d'aile (2008)... Bref, je suis une fan de Milena Agus! Alors la sortie de ce livre, en fait le tout premier qu'elle ait écrit, m'a fait sortir de ma tanière! L'héroïne de ce roman, jeune adolescente en pleine construction se débat et grandit au milieu d'une mère artiste peintre dépressive et d'un père fantasque, avec l'image d'une tante amoureuse d'un médecin danseur de tango... Parallèlement à ses soucis d'ado, elle entretient une relation sado-masochiste avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle (Largement décrite). On passe de l'enfance au monde adulte adultérin, sans transition, avec le même ton, la même voix, toute la magie de Milena Agus! Semi naïve, semi désabusée. Mais je ne le classerai pas dans les meilleurs. A lire par souci de collection des oeuvres de cet auteure italienne. mais c'est tout. |
Kim Thuy, "RU"
(Liana Levi, 2010)
L'auteur, vietnamienne, écrit en français ce "roman" biographique: par de courtes pages, une femme "Boat People" raconte ses souvenirs: Saïgon, la Malaisie et le camp de réfugiés, le froid du Québec, la diaspora familale, la culture à perdre, à apprendre... La transmission à ses enfants dont l'un est autiste... Kim Thuy ne parle pas d'insertion, d'assimilation ou encore d'intégration mais de "trasnplantation"... Vite lu et plein de charme. |
Seumas O'Kelly, "La Tombe du Tisserand"
(Attila, traduction en 1982, édition 2009)
Traduit de l'irlandais pas Christiane Joseph-Trividic et Jean-Claude Loreau:
Le sous-titre m'a accrochée: "La Tombe du Tisserand, une histoire de vieux hommes..." On rit, on se marre vraiment à la lecture de cet OVNI littéraire: dans un vieux village irlandais, un tout aussi vieil homme y est mort. Il faut l'enterrer! Mais la veuve ne sait plus où dans le cimetière assez délabré. Alors deux vieux amis, "têtus, fantasques, à la mémoire vacillante" vont chercher ensemble cette tombe mais pas dans le calme! Ils vont se disputer, se chamailler. La veuve a perdu la tombe de son mari le Tisserand, elle regarde les deux vieux se pouiller... C'est grotesque, c'est surréaliste, c'est monstrueusement DRÔLE! L'auteur a écrit ce roman la dernière année de sa vie, en ... 1918 (Il avait 37 ans). Lisez-le, quelle belle découverte! (Merci au passage à la librairie "L'ancre de Miséricorde" de Carnac, découvreuse de livres de ce genre...) |
Colin Higgins, "Harold et Maude"
(Folio Denoël, 1971)
Traduit de l'anglais par Jane Fillion:
Harold est jeune, riche, c'est un beau parti convoité mais il est suicidaire! Il met en scène des suicides les plus abracadabrants qui soient, et sa mère en est totalement blasée. Ni son psychanalyste ni sa mère ne parviennent à le guérir de ce vilain penchant à se supprimer. Jusqu'au jour où il rencontre l'équivalent de la "poupette de la Boum": Maude, 79 ans, roulant sans permis, adorant passer son temps dans les enterrements et les cimetières, et ayant la gouaille d'une jeune écervelée. Et Si Harold et Maude s'aimaient? Humour noir à toutes les pages, un délice! Mais aussi hymne à la vie, à la liberté, à bas les conventions, au rencart une certaine éducation bourgeoise... Un CLASSIQUE que j'ai relu avec plaisir! Faites de même! |
Arto Paasilinna, "Les Dix Femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi"
( Denoël et D'ailleurs 2009)
Traduit du finnois par anne Colin du Terrail
Ce Père Noël "queutard" est incroyable! Pour protéger sa chère épouse d'une banale allergie au pollen, il va livrer les nombreuses fleurs reçues à l'occasion de son anniversaire, à ses DIX maîtresses! Habillé en queue-de-pie, il emmène dans son périple le jovial chaufeur de taxi, toujours prêt à aider, conseiller, parer aux petits soucis d'une double vie... Notre sexagénaire couche avec "ses" femmes, leur offre du champagne, fait parfois même le ménage chez elles, les emmène à l'hôpital quand il le faut... On rit, on rit, parce que le malotru qui aime l'amour et les femmes plus que tout, est un balourd qui va se faire avoir!
Drôle, avec une découverte des moeurs finnoises (!) |
Alberto Torres-Blandina, "Le Japon n'existe pas"
(Métailié, 2009)
Traduit de l'espagnol par François Gaudry:
C'est le titre qui m'a fait acheter le livre. Ce vieux monsieur, très très proche de la retraite (à la fin de la semaine) soliloque, accroché à son balai qu'il fait semblant de traîner dans le terminal de l'aéroport. Il nous raconte son expérience des visages, des comportements humains sur le départ, à l'arrivée d'un voyage... Il raconte ses anecdotes et c'est DRÔLE! Il fait vivre également le "petit personnel" du Terminal, jeune ou plus âgé, qui a évidemment de la tendresse pour ce vieux monsieur... Il nous dit "vous", on entre ausstôt dans l'histoire, on devient nous aussi personnage... A lire pour rire! |
Markus Orths, "Femme de chambre"
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Editions Liana Levi (2009)
Traduit de l'allemand par Nicole Casanova.
Elle, c'est Lynn. Simple femme de chambre dans un hôtel, elle donne très vite à connaître au lecteur ses troubles, ses obsessions: maniaque du ménage, de la propreté... Elle se glisse sous le lit des clients masculins pour les écouter dormir, téléphoner... Elle traîne sa solitude et ses névroses de page en page. Elle est "frappadingue" et pourtant l'auteur la décrit, la fait vivre de telle manière qu'on est plein d'empathie pour elle. On veu lire pour accompagner un temps son chemin, son destin.
Troublant roman...
J'ai aimé, essayez-le! |
Maria Angels Anglada, "Le violon d'Auschwitz"
(La Cosmolite Stock, 2009)
Traduit du Catalan par Marianne Millon:
Comment raconter l'indicible, l'horreur de la Shoah, des camps de concentration? En utilisant la poésie et en se focalisant sur un homme et son histoire: celle de Daniel, luthier, prisonnier, qui devra fabriquer avec les moyens du bord et en un temps impossible à tenir, un violon Stradivarius, pour sauver son ami (victime d'un pari entre S.S). C'est tout simple, et pourtant universel. Ce qui fait la force de ce grand roman c'est le mélange fiction narrative et documents réels. A lire!
Phrase tirée de la quatrième de couverure: "Dans la tradition littéraire d'un Primo Levi, l'auteur mène une danse effroyable entre l'horreur de la barbarie et le sublime de la musique. Ou l'art comme possibilité de faire vivre la mémoire." |
Carole Martinez, "Le coeur cousu"
Folio (Gallimard, 2007)
Vous voulez passer l'été avec un livre en poche? Prenez celui-là! Conte, saga familiale, magie, érotisme, tout cela en Espagne... De magnifiques destins de femmes, brossés d'une écriture qui charme, qui n'ennuie jamais, qui sait surprendre, qui sait se renouveler... C'est BEAU! J'ai adoré, l'ai offert autour de moi. Une lecrice m'a confié que c'était tellement bien écrit, beau et l'intrigue parfaitement menée que cela en était écoeurant à la longue, du coup cette même personne a avoué avoir eu du mal à le terminer. Un comble!
Lisez la revue de biblioblog.fr |
Dominique Mainard, "Pour vous"
(Editions Joelle Losfeld, 2008)
Delphine est prête à tout pour aider les autres, moyennant finance, bien sûr! Sa petite entreprise "Pour vous" pallie aux manques de ses contemporains. Amélie Poulain à sa manière, elle donne d'elle-même pour combler les autres! Drôle et corrosif... |
Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, "Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates"
(Editions Nil, 2008)
Un livre idéal pour la plage! Facile à lire, roman épistolaire (par lettres), ton délicieusement surrané (on est en 1946), d'une femme à qui on ne la fait pas... |
Atiq Rahimi, "Syngué sabour, Pierre de patience"
(Editions P.O.L, 2008)
C'est la guerre, cette femme est seule dans un immeuble dévasté et veille sur son mari en fin de vie. C’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. Portrait de femme magnifique. |
Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi, "Le jour où Nina Simone a cessé de chanter"
(Actes Sud, 2008)
Ayant d'abord vu le spectacle (Darina Al-Joundi est seule sur scène, en robe rouge et sans soutien-gorge - elle explique pourquoi!- et raconte son histoire; le spectateur retient son souffle, il fait partie de la thérapie...), j'ai ensuite lu le livre. Même intensité, même beauté du mot, c'est crû, violent, la guerre au Liban est en filigrane, les intégrismes, quels qu'ils soient, aussi...
Lire la critique: http://www.lestroiscoups.com/article-19390193.html |
Susanna Tamaro, "Va où ton coeur te porte"
(Pocket, 2000)
Sous la forme d'un journal intime, à travers la longue lettre qu'une vieille femme, en fin de vie, décide d'adresser à sa petite-fille qui est partie sans plus donner de nouvelles, elle dévoile ses secrets, et montre au lecteur la vie de trois générations de femmes de la même famille. C'est beau et bien écrit. Il paraît que ce roman a fait l'objet d'un FILM? |
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