Nourrice
Séverine Cressan, Nourrices, édition Dalva/Robert Laffont, 2025, 267 pages
Ce livre m’a été chaudement recommandé par Nadège de la librairie de quartier L’établi des mots.
On plonge dans une histoire vraie datant du XIXème siècle : celle de ces femmes paysannes à qui on confiait les nourrissons des femmes bourgeoises de la ville pour les allaiter. Ou qui allaient chez ces couples pour allaiter sur place le bébé nouveau-né, en même temps que le sien.
C’est l’histoire de cet homme, sans scrupule et de la violence de la maternité, qui fait commerce du lait des femmes. L’autrice nous raconte la vie de Sylvaine à qui on a confié un bébé de la ville. Mais celui-ci meurt. Comment assumer cette mort face à une famille riche et puissante ? Face à ce monstre sans cœur qui recrute des filles comme elle ?
Comme un signe du destin, Sylvaine trouve un bébé abandonné dans la forêt, avec pour seul bagage un carnet qui raconte son histoire. Elle décide d’échanger l’identité des bébés.
Une nouvelle voix se lève alors, celle de cette jeune fille qui écrit la venue au monde de ce bébé mystérieux, comment elle le conçut, pourquoi elle l’abandonna et pourquoi elle dut en écrire son histoire.
« Elle m’a demandé de t’écrire. C’est le prix à payer, elle a dit. […] J’y arrive pas, je lui ai dit. Y’a rien qui vient. […] Raconte. Raconte comment c’est difficile d’écrire pour toi. […] Raconte d’où tu viens. »
Et c’est un premier roman ! Mais quelle histoire ! Et quelle écriture ! Tout est parfait dans ce livre, le côté historique et véridique de ce commerce du lait maternel est bien enchâssé dans une histoire réaliste mais avec des touches de surnaturel çà et là.
Je l’ai lu d’une traite et vous invite à en faire autant ! C’est une histoire poignante dont on se souvient.
Un livre à passer de main en main sur le thème de la maternité, de l’allaitement choisi ou forcé et de l’amour maternel plus fort que tout !…
Voici un petit entretien avec l’auteure : severine-cressan-pnourricesp-booklet-de-presentation-dalva-editions