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Cet atelier d’écriture a plusieurs entrées : on y découvre ce qu’est la figure de style l’hypotypose et on s’en inspire tout au long de la séance. On découvre le livre de Charlotte Perkins Gilman, The yellow wallpaper, son univers, son féminisme, son écriture au ciseau. Enfin, on découvre la couleur Jaune, ce qu’elle révèle en nous, bonheur ou dégoût ? Et tout ça en deux heures !

L’hypotypose est « l’image des choses, si bien représentée par la parole que l’auditeur croit plutôt la voir que l’entendre ». Elle permet la composition de vastes tableaux poétiques « donnant à voir » une scène, comme si les limites de la phrase n’existaient plus.

D’après une nouvelle de Charlotte Perkins Gilman, Le papier peint jaune (1890), Traduction : Marine Boutroue et Florian Targa, éditions Tendance négative, 2023. 204 pages.

Une maison bourgeoise, louée pour les vacances. Une femme, déprimée (post partum) est soignée par son mari docteur. Typiquement, au XIXème siècle, on soignait la mélancolie en enfermant la personne malade, en l’empêchant de travailler ou de faire quoi que ce soit. C’est donc ce qui arrive à l’héroïne : elle est enfermée dans une chambre. Sa seule distraction : regarder, jusqu’à l’obsession, jusqu’à la folie, le papier peint jaune de la pièce.

Le livre-objet est broché et non rogné. Il faut se munir d’un coupe-papier ou d’un couteau pour déflorer les pages les après les autres. Qu’est-ce qui se cache derrière le papier peint jaune ? Quelle fantasmagorie ? L’histoire est envoutante. La folie rode et attrape le lecteur. Au lieu de guérir sa dépression, la mise au repos forcé, sans activité manuelle ou intellectuelle, la rend encore plus malade, la rend folle. Le texte est raconté sous forme de journal intime, l’héroïne dit je.

1/Les choses jaunes vues dans sa vie.

« J’ai observé John à son insu, et je suis entrée sans prévenir dans la chambre sous un prétexte innocent et je l’ai surpris plusieurs fois : il examine le papier. Et Jennie aussi. Une fois, j’ai même vu Jennie poser sa main dessus. […] D’un jaune des plus étranges, ce papier peint ! Il me fait penser à toutes les choses jaunes que j’ai vues dans ma vie – pas aux belles comme les boutons d’or, mais à des vieilleries répugnantes d’un jaune mauvais. » Page 72 et 77.

Amusez-vous à faire une liste de toutes les « choses jaunes » vues dans votre vie, belles ou moches, de la maternelle jusqu’à aujourd’hui.

2/« Je n’ai jamais vu pire papier peint de ma vie. »

« Un motif flamboyant

Tentaculaire

Coupable

De toutes les formes possibles de péché artistique.

Il est assez fade pour égarer l’œil qui cherche à le suivre, assez marqué pour constamment irriter et susciter l’étude, et quand on suit les courbes médiocres, incertaines sur une courte distance, elles se suicident soudainement, s’engouffrent dans des angles révoltants, s’autodétruisent en des contradictions inouïes.

La couleur est repoussante, presque révoltante, un jaune asphyxié et sale, étrangement décoloré par la lente course du soleil.

C’est un orange à la fois cireux et criard en certains endroits. Une teinte corrosive et sulfureuse en d’autres. Pas étonnant que les enfants aient pris ce papier en horreur ! Moi aussi je le haïrais. » pages 28 et 29

Décrire à votre manière le papier peint (reproduction du papier peint du livre) qui se trouve devant vous.

3/La chambre au papier peint jaune.

« C’est une grande chambre spacieuse, qui occupe presque tout l’étage, avec des fenêtres qui regardent dans toutes les directions et de l’air et du soleil à profusion. Ça a d’abord été la nurserie, puis la salle de jeux et celle de gymnastique comme j’ai pu en juger car les fenêtres sont barrées pour les jeunes enfants et des anneaux et d’autres choses pendent aux murs.

Il y a des traces de peinture et le papier peint, comme si une école de garçons avait assailli la chambre. Il est arraché – le papier – en grandes bandes tout autour de la tête de mon lit, presque aussi loin que peut aller mon bras, et de grands pans manquent de l’autre côté de la chambre, tout en bas du mur. Je n’ai jamais vu pire papier peint de ma vie. » page 28

A votre tour, vous arrivez dans un hôtel, on vous octroie la chambre jaune. Décrivez-la en utilisant d’autres mots pour dire jaune tels que : soleil, safran, ocre, ambre, paille, miel, soufre, citron, bouton d’or, or, curry…

Le texte hypothyposique commencera par : « Tout était jaune ! Du sol au plafond ! Et les objets aussi ! Il y avait… »

4/La description en paréidolie

« Ce papier peint a comme une sorte de sous-motif dans une teinte différente, une teinte particulièrement irritante, car on ne peut le voir que sous une certaine lumière, et encore pas clairement.

Mais aux endroits où il n’a pas été déteint, quand on y pose le soleil, je discerne une figure étrange, provocante, informe, qui semble rôder derrière l’évidence du premier motif imbécile. » page 40

La folie guette. La figure étrange se met à parler, dans un monologue où elle tutoie notre personnage. Elle commence par :  Je sais que tu me regardes…

Bibliographie

Michel Pastoureau, Jaune, histoire d’une couleur, Points

Georges Simenon, Le mystère de la chambre jaune

The Yellow Wallpaper – Official Trailer (2022) Alexandra Loreth, Joe Mullins, Clara Hart

The Yellow Wallpaper

https://youtu.be/LjnLK6U8IxA

https://youtu.be/N4uO30qGxis

Le papier peint jaune, par Charlotte Perkins Gilman

The Yellow Wallpaper (2011) Short Film

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